Le sentiment d’un son

Le sentiment d’un son

 "Si vous avez le sentiment d'un son, vous  avez le sentiment d'un chant, et si vous avez le sentiment du silence entre les sons, vous avez la joie du mouvement d'un chant."

— J.Krishnamurti

Milarepa

Milarepa

Tiens toi fermement sur la base de la non-solidité des choses.

— Milarepa

Ces mots de Milarepa sont fulgurants ! Ils expriment parfaitement l’attitude intérieure du chanteur spontané. Quand tu chantes en spontanéité, tu ne peux prendre appui sur rien de solide, car tout bouge intensément dans l’instant présent. Et pourtant, c’est bien sur ce torrent que ta voix se pose. Aller avec le flux et se dresser sur la planche pour surfer la matière sonore du chant du monde. Jeu de wu-wei. Agir sans agir.

Le chant spontané est bien un sport de glisse !

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Cut

Cut

Le cuisinier du prince Wen-houei, Ting, découpait un bœuf. Chaque effleurement de sa main, chaque ondulation de ses épaules, chaque appui de son pied, chaque poussée de ses genoux, chaque incision de son couteau était en parfaite harmonie, comme la danse du Bosquet des Mûriers, comme les accords de la musique de la Tête de Lynx.

- Bien joué ! dit le prince. Comment as-tu acquis une technique aussi parfaite ?

Posant son couteau, Ting répondit :

- Je ne fais que suivre le Tao, votre Altesse, qui transcende toutes les techniques. Lorsque j’ai commencé à découper des bœufs, tout ce que je pouvais voir était la bête. Après trois ans, j’avais appris à regarder au-delà de la bête. Aujourd’hui, je vois avec l’ensemble de mon être, pas uniquement avec mes yeux. Je devine les lignes naturelles, et mon couteau glisse au travers, de lui-même, ne touchant jamais une articulation, encore moins un os.

Un bon cuisinier change de couteau chaque année : il coupe. Un cuisinier ordinaire change de couteau tous les mois : il charcute. Mon couteau dure depuis dix-neuf ans ; il a découpé des milliers de bœufs, mais sa lame est aussi tranchante que s’il était neuf. Entre les articulations, il y a des espaces, et la lame n’a pas d’épaisseur. N’ayant pas d’épaisseur, elle glisse au travers ; il y a plus qu’assez d’espace pour elle. Et quand j’arrive à une partie difficile, je ralentis, je concentre mon attention, je bouge à peine, le couteau trouve son chemin, jusqu’à ce que subitement la chair se sépare d’elle-même. Je reste là et je laisse la joie du travail m’envahir. Puis j’essuie la lame et la range.

- Bravo ! s’écria le prince. Des mots de ce cuisinier, j’ai appris comment vivre ma vie.

— Tchouang-Tseu, traduction de Stephen Mitchell

Chanter spontané, c’est jouer de sa voix comme Ting avec la lame du couteau.
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Danse avec le geyser

Danse avec le geyser

Tous les imaginaires d’ancrage conduisent à une vision biaisée car ils évoquent un point fixe, une immobilité illusoire.

Ce centre sur lequel tu prends source existe, mais il n’est pas fixe. Au contraire, il est animé d’un mouvement à l’infini.

C’est une sorte de vortex, cœur pulsant en contact avec l’autre côté du miroir.

Et c’est une bonne nouvelle car tu ne pars pas de rien. Le début n’est pas le silence, le vide. En fait, il n’y a pas de début. Ou alors, s’il y en a un, il remonte à quelques milliards d’années.

Finalement, tu prends racine sur un geyser, un jaillissement puissant de source vitale.

Chanter spontané c’est danser sur le geyser.

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L'essentiel respire entre...

L'essentiel respire entre...

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L’essentiel est entre. L’essentiel est dans le mouvement de navette entre les bords, entre les rives, l’allée et venue de cet instant à l’instant où nous nous séparerons, de l’instant de la naissance à l’instant de la mort, de ma bouche à votre oreille, de votre cœur au mien, de l’aube au crépuscule. L’allée et venue entre l’homme et la femme, l’espérance et la désespérance, le monde visible et le monde invisible, le temps horizontal et l’éternité ? L’essentiel respire entre.

L’essentiel n’est pas là où notre raison, notre intellect le cherchent ( bien qu’il puisse y être aussi, comme partout ailleurs ). Il n’est pas dans les lieux où on l’annonce avec solennité ( bien qu’il puisse y être aussi, comme partout ailleurs ). Il n’est pas à la place où on l’a rencontré la dernière fois et où l’on retourne le cœur battant ( bien qu’il puisse y être aussi, comme partout ailleurs ).

— Christiane Singer

Souffle le vent, chante l’élan du cœur

Souffle le vent, chante l’élan du cœur

J’ai plaisir à vous partager aujourd’hui quelques nouvelles fraîches à propos de l’aventure du chant spontané.

Tout d’abord, certains d’entre vous s’en sont déjà aperçus, dès septembre, les ateliers mensuels du week-end se sont remplis à une vitesse surprenante, et sont désormais complets jusqu’en mars prochain. Touché par les frustrations que cette situation engendre, je cherche des solutions pour proposer des dates supplémentaires en 2018.

Plus que jamais, mon désir est de permettre la découverte de cette merveilleuse pratique du chant spontané au plus grand nombre.

Dans cette perspective, j’anime, depuis le mois de juin, le Labo, un programme d’ateliers consacrés spécifiquement à l’enseignement du chant spontané. Nous sommes déjà une vingtaine de passionnés à nous retrouver régulièrement pour explorer ensemble les mystères de la spontanéité et poser les bases pédagogiques de ce chemin de libération de la voix et du chant.

Certains ont déjà commencé à animer à leur tour, et c’est une grande joie pour moi de vous inviter à découvrir leur enseignement.

Pour cela, j’ai créé une nouvelle page sur le site du chant de la vie, sur laquelle vous trouverez les coordonnées de tous ceux qui proposent des ateliers de chant spontané à Paris, en province, et même en Suisse…

Cette page s’intitule Reliances et vous pouvez la consulter ici :

lechantdelavie.com/reliances

Par ailleurs, le paradoxe du chant spontané, si évident et si mystérieux, fait que vous pouvez aussi le pratiquer immédiatement, sans aucun enseignement préalable.

J’ai écrit Le Tao du chant spontané pour vous guider dans vos explorations personnelles et faciliter la libération de la spontanéité dans le jaillissement de vos chants.

Ce livre est un véritable compagnon d’aventure et je vous encourage à vous y plonger.

En novembre 2016, j’écrivais une newsletter intitulée « Le vent se lève » dans laquelle je vous partageais mon intuition que la pratique du chant spontané était en train de prendre de l’ampleur. Comme une réponse à nos soifs, de plus en plus intenses, d’infuser la spontanéité dans nos vies et de trouver des lieux de rencontre, authentiques et chaleureux, pour chanter ensemble autour du mystère de la vie. Presque un an plus tard, je peux dire que le vent souffle fort… et nous sommes de plus en plus nombreux à mêler nos souffles vibrants dans le plaisir de la résonance et de l’essentiel.

Longue vie à cette aventure de l’homme libéré qui chante émerveillé !

De tout cœur,

Christophe